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Je suis une fille heureuse, j'ai toujours été heureuse, j'ai toujours aimé la vie. J'aime la populace, j'aime les grandes avenues, j'aime tous ces arbres nus. La plainte souvent c'est pour cacher les silences, parce que parfois ils me font peur.
J'écoute Renaud entre deux trois musiques rock'n'roll. Déserteur... C'est fou comme elle me fait un truc...
J'relis ce que j'écrivais sur lui, sur ce blog. Ce que j'ai supprimé, ce que je ne pense plus. J'me dis que j'ferais mieux d'arrêter de penser à tout ce qu'il savait si bien faire. Il a changé de numéro, je m'en suis rendu compte ce matin. Je ne l'aime plus. Plus du tout. J'aime juste les souvenirs... Répu, Laumière... J'pense seulement à ses façons de faire, comme un mauvais garçon romantique, ou presque. Puis quand j'écoute ses musiques à chier, ça m'fait un truc. Un truc bien violent. Je ne l'aime absolument plus. Et c'est pas un mensonge! J'avais choisit d'en rester là et je ne regrette vraiment rien. Donc tout va bien dans le meilleur des mondes (possibles).
J'bosse plus. J'ai des tas de choses à faire. Je fous quedal. Je les envois ballader, mes cours, mes bouquins... Les fringues s'entassent, les feuilles s'éparpillent... Ca fait un peu comme dans ma tête. Sauf que j'suis heureuse. Vous êtes tous tellement merveilleux. Toute cette passion dans vos regards, tous ces sentiments qui vous déchirent et vous rendent si vivant. L'Homme c'est beau. Faites gaffe, je suis au bord de l'Humanisme... :) Mais merde, j'écoute Renaud... Mon Humanisme de trois secondes ne pourra durer.
J'pense à ce soir... pas celui là, celui de la semaine dernière. Jeudi Soir. J'pense à quand il m'a vu nue. Ses silences me disaient tout. Je portais mon pantalon à carreaux vert, mon pull noir et mes chaussures à petits ronds... j'portais mes boucles d'oreilles triangulaires, celles qu'étaient à ma mère... Pourtant il m'a vu nue. Il a arraché ma peau, épluché mes idées, déterré mes souvenirs, astiqué mes pensées. Il m'a déshabillé du regard, m'a devêtu du bout des lèvres. Il m'a vu nue, ça faisait si longtemps...
J'ai perdu une de mes boucles d'oreilles aussi, dimanche soir. Les autres boucles, celles qu'étaient aussi à ma mère. C'étaient mes plus belles. Il était presque 22h, j'montais les escaliers de l'immeuble et... fiou... J'ai arraché mon écharpe, mes cheveux aussi au passage... J'ai cherché partout, quedal. J'ai faillit retourner à la gare... J'aurais pû tenter de retrouver le RER où elle a dû tomber, retourner sur la ligne 5, retourner sous la pluie. La chercher quoi. Rien. J'ai fait mon deuil, Aleluia. Et puis quelqu'un la ramassera, sans jamais connaître son passé. Le temps passé aux oreilles de ma mère, puis celui passé à mes oreilles à moi.
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