Les souvenirs en fait c'est toute ma vie, et je cherche sans cesse à en créer des nouveaux. C'est seulement par la suite que je finis par savoir si j'ai réssit à en faire quelque chose ou si ces moments s'envolent sans même laisser une seule trace. Parfois on est surpris, on s'imaginait pas que certains resteraient gravés en nous comme ça, tandis que d'autre qui nous semblait si beau disparaissent on ne sait où.
Cette année 2008 c'est trop de souvenirs, trop de changements aussi. Des drames mais surtout des bonds gigantesques qui m'ont transformés et transforment tout ce qui m'entoure. Quand je regarde où j'en suis j'me dis que c'est pas possible d'en être déjà là alors qu'il y a encore un an je n'étais qu'une petite crotte. :)
Janvier. Je me souviens de ces deux week ends qui se sont enchaînés si brusquement. J'aurai pû croire que le premier me toucherait le plus, encore maintenant, et finalement c'est du second dont je me souviens. C'est triste de dire que j'en suis presque nostalgique. On avait dormi dans un gîte pas loin, un gîte qui lui faisait peur. Et moi je pouvais lui raconter tout ce que je ne disais pas. Je me souviens de tout le monde. De sa venue, de ma tenue, des odeurs, des impressions, de la lumière même, et du temps qu'il faisait. Je me souviens de cette demystification de ma part quand ils ont refermés le cercueil dans la chambre où Papa avait l'habitude de dormir quand on venait en été. Je me souviens de cet enterrement à la con, où tout le monde nous voyais comme les filles de la madame morte plutôt que comme les petites-filles du défunt. Ecoeurant. Et puis tout, et puis rien. Et puis des silences qui me faisaient mal un peu, parce qu'il aimait les plantes et que son appart était chouette quand même (des souvenirs qui m'ont fait aimer la pluie en cours d'athlé), sauf que je suis vite passée à quelqu'un d'autre alors...
Avril. Je me souviens de l'attente interminable. A attendre ce putain de jour qui finalement n'a rien eu d'extraordinaire (alors que je le voyais comme le jour dont je me souviendrais sûrement longtemps). Les missions rigolotes, les calculs au millimètre près. Et puis ce jour de grève où les lycéens faisaient genre ils manifestaient pour une idée que finalement ils ne comprenaient même pas, mais juste parce que ça faisait vachement mai 68 et que gueuler "on n'est pas d'accord" dans le métro en buvant les premières Red Bull parisiennes c'est franchement carrément classe nan? Et ben ce jour, devant le lycée où je savais plus trop où me mettre, qui saluer et qui éviter, elle m'a dit un truc, un truc qui a changé beaucoup. Et puis après ça j'ai -presque- assurée sur toute la ligne. Même au moment du point final quand il a commencé à faire vachement beau dehors et que je mettais déjà mes tongs. (Si vous comprenez rien c'est normal, c'est pour éviter de trop chambouler mes petites habitudes)
Septembre. Hohoho que de choses. Je me souviens, par exemple, que P. était assis dans l'herbe avec d'autres étudiants (et qu'il était encore et toujours habillé pareil), qu'il faisait beau mais déjà un peu froid, que dans l'amphi je venais de bavarder avec une fille qui ressemblait à une prof et que lui me regardait du coin de l'oeil et que c'est ce que j'attendais. Alors je me souviens que je suis restée là à attendre que la foule s'en aille un peu, en les laissant cloper dehors, parce que je me sentais bien. Je me souviens aussi, un mois plus tard -dans un élan artistique- de toutes les expos que j'ai vues, de mon carnet de croquis qui se remplissait de jour en jour et des aprèms qu'on a passé ensemble à se découvrir. Je me souviens de toutes ces aventures au taff, des clients rigolos, dragueurs, relous, débiles, charmants. Et puis les transports, toutes ces lignes que j'ai prise, mes éternels allés-retours Bras de Fer - St Denis, Bras de Fer - Gare de l'Est. Et tiens, ces cours qu'on a manqué, à rentrer dans la salle, dire "bonjour bonjour" et se barrer rapidos parce qu'on en a un peu marre de faire leur portrait à chaque cours. Se barrer à la bibliothèque pour dessiner du Matisse et faire les Sudokus du 20 minutes, de Direct Matin, Direct Soir et Métro, et chuchoter jusqu'à la sortie.
Bon maintenant j'attends le 5 janvier car le 5 janvier va être un très grand jour. Parce que c'est la reprise des cours et qui dit reprise des cours dit TINTINTINNN (ah si vous saviez) et aussi parce que les clés de mon studio Avenue de la Porte des Poissonniers du côté de Clicli (oh populace jamais je ne te quitterais, j'aime bien mieux être à tes côtés que me retrouver dans le 16ème) me seront donnés. Et pourtant voyez-vous mes amis, ce jour je l'oublierai comme j'ai oublié ce jour d'avril. Parce que rien d'extraordinaire n'arrivera, c'est la suite qui me marquera. La vie parisienne comme j'en ai rêvé (et qui me vient en pleine gueule au moment où je m'y attends le moins, grâce à mes sousous gagnés à la sueur de mon front) à vivre dans la restriction monétaire la plus totale (hahaha) et dans une pauvreté absolue, à manger des patates à l'eau jusqu'à ce que les APL me donnent un petit coup de pouce, et puis -peut être- du temps à perdre avec monsieur tant qu'il en est encore temps. TINTINTINNN
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