.Nan mais qu'est ce que je pouvais bien dire, postée devant ce cahier à la con? Un torrent de paroles trop belles qui auraient pû m'être destinées... Avant c'est moi qu'elle décortiquait comme ça. C'est à moi qu'elle apprenait les choses. C'est con de l'avoir vu comme une mère si longtemps. Il fallait bien qu'un jour je finisse par me prendre une claque dans la g*****. Je me souviens encore du jour où elle est sortie de son bidon... cette jalousie intense... tellement que j'avais du mal à la voir en peinture, avec ses "cacacaca" et ses
formidables gazouillis. Ma rivale. Elle me volait ma place. Pire, elle avait tout ce que j'attendais depuis si longtemps et que je n'ai jamais reçu. Bien pour ça qu'à trois ans (ou deux? je sais même pas), elle sache surtout dire "elle est où Lolo?" au lieu de "elle est où tante Soune?" Elle l'a bien sentit qu'
Aich l'avait pas beaucoup aimé. C'est con. J'appartiens à personne.
Aich a été son brouillon, et maintenant elle a son oeuvre.
Aich elle est juste quelqu'un à soigner. Le boulot est pas terminé mais bon... ses mères sont ailleurs maintenant n'est-ce pas?
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J'ai des souvenirs pleins la tête, ça me fait chialer.
Ces après-midi là-bas à faire du roller, à me sentir vivante parce qu'enfin on s'occupait vraiment de moi. On jouait aux indiens et un jour elle s'est mise à nous raconter son amour. Paumé
dans quelques jours. Pendu?
Je me souviens qu'elle pleurait, que papa restait sérieux et que nous on rigolait dans le couloir parce qu'on comprenait sûrement pas. Flingue?
Je me souviens de ses amis. J'étais amoureuse de chacun d'eux. Je me souviens de la vie qu'elle menait, celle que j'essais de vivre un peu, en vain. Je sais toutes ses fringues que je porte.
Je me souviens de ces premiers cafés à l'écouter parler. Me raconter des histoires étranges qu'il paraît que j'aurai vécu. Il paraîtrait qu'on oubli... je crois qu'en fait tout est resté dans mon sang... ma tête est un peu paumée, seulement... Voilà pourquoi rien ne va, parfois.
Je me souviens de toutes ses paroles, dans la voiture souvent. Les torrents que j'ai dû retenir. Ceux qui ont osé couler. Les orages parfois.
Cet orage oui, le vrai, celui avec le vent qui soufflait fort au bord de la Seine, peut être? Comme elle me parlait si bien de Freud, comme je me sentais complice, comme elle était là, toute entière. Comme on courait sous la pluie comme des folles.
Je sais plus où ça s'est fini, où l'histoire a prit fin. Elle reprendra sûrement pas. Avec son nouveau bidon, ça risque de jamais reprendre. On est qu'un objet, un lien....
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C'est fou, c'est ce soir que je sens que je perds tout, comme si ce cahier me disait "tu vois, tu vois, tu vois" il me hurle "regarde". Il me crache "envieuse". "envieuse", ce mot qu'elle m"expliquait dans ce café.
Je finis par hésiter à dire merci. Merci pour tout. Non merci pour l'arrêt. L'arrêt de tout. Départ du rien.
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